Reformierte Kirche Basel-Stadt

Nouvelle traduction du "Notre Père"

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La formule « Ne nous laisse pas entrer en tentation » remplace « Ne nous soumets pas à la tentation»
« Ne nous laisse pas entrer en tentation»

Telle est la nouvelle formulation de la sixième demande du Notre Père proposée par l’Eglise catholique romaine et acceptée aussi par la plupart des Eglises protestantes francophones. Cette formulation remplace donc celle adoptée en 1966 qui disait : « Ne nous soumets pas à la tentation ».

Le sens de ce changement est de dédouaner Dieu de toute responsabilité dans la tentation : il n’est pas celui qui teste les êtres humains en les plongeant dans des situations de tentation, une sorte de Dieu sadique qui jouerait avec ses créatures comme un chat joue avec les souris. Manifestement, cette image d’un Dieu pervers était déjà présente dans l’Eglise primitive, d’où la réaction de l’épître de Jacques (1, 12-18) qui affirme très clairement que Dieu ne peut être du côté de la tentation ni du Mal, mais qu’il est le « Père des lumières de qui vient tout ce qui est bon pour l’homme », le Père aimant qui ne peut donner que son Amour, il est la Source de Vie qui lutte contre tout ce qui menace les êtres humains fragiles, il est le Libérateur. Nous n’avons donc pas à être schizophrènes dans notre prière : Dieu ne peut être en même temps celui qui nous soumet à la tentation et celui qui nous en libère !

La nouvelle traduction va donc dans le bon sens, même si elle n’est pas parfaite. De fait, il y a deux points qui posent problème :

o D’abord le verbe : on peut le comprendre dans un sens d’action (et alors Dieu serait bien l’auteur de la tentation), mais aussi dans un sens de permission (la nouvelle formulation) ou même dans un sens de protection, en déformant un peu le grec pour être plus proche des langues sémitiques. Autrefois, nous disions : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation » et même si ce verbe n’est plus vraiment d’usage, il indique bien le fait d’être vaincu, emporté ou de perdre pied dans le combat contre le mal ou le Malin.

o Le terme de « tentation » n’est pas non plus très adéquat. Le terme grec signifie d’abord « l’épreuve », ce qui englobe beaucoup plus que le terme « tentation » qui n’est souvent compris que dans le registre moral. L’épreuve est beaucoup plus vaste, ce n’est pas seulement ce que nous pouvons faire de mal, mais aussi le mal que nous subissons et qui peut nous faire perdre pied ! La demande serait alors que toute épreuve que l’on traverse (et dont Dieu n’est pas forcément l’auteur) ne se transforme pas en tentation de renier Dieu, de nous en éloigner. Nous pourrions alors prier : « Ne permets pas que nous soyons anéantis par les épreuves » !

A partir du dimanche de la Trinité, nous dirons aussi le Notre Père dans la nouvelle version. Ce dimanche-là, la prédication portera sur ce thème, et un flyer explicatif, avec la nouvelle traduction du Notre Père ainsi qu’une explication du professeur Zumstein, sera à disposition à Saint-Léonard.

Autor
Céline Hauck

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aktualisiert mit kirchenweb.ch
Bereitgestellt: 16.05.2018