Reformierte Kirche Basel-Stadt

Joyeux Noël

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"Noël c’est Dieu entre nos mains pour que se lève demain
Dieu en attente de notre tendresse pour que vive sa promesse
Dieu au berceau de notre âme pour qu’en nous veille sa flamme"
Francine Carrillo

Je veux t’aider mon Dieu à ne pas t’éteindre en moi

Ce détail du magnifique tableau : « Le nouveau-né » de Georges de La Tour exprime de manière très épurée le cœur du mystère de Noël : il n’y a dans le tableau aucune excroissance anecdotique, aucun folklore de Noël : pas de crèche, d’anges, de bergers, d’animaux de toutes sortes… mais un simple bébé endormi qui repose dans les bras de sa mère ; ces bras sont sa crèche. Le titre du tableau est aussi universel : « Le nouveau-né », ainsi la scène peut représenter toute naissance.

Comment ne pas contempler là le mystère de Noël ? Dieu qui naît dans notre monde, Dieu fragile, exposé, démuni, impuissant, mais qui est en même temps source de lumière. La lumière se manifeste bien dans les ténèbres, mais ce n’est pas une lumière triomphante, éclatante, aveuglante, elle est de l’ordre du clair-obscur si cher à de La Tour: La puissance de Dieu se révèle dans la fragilité de l’enfant de la crèche.

Le détail met en évidence la main de la troisième personne : elle semble bénir le bébé, mais en fait protège la flamme d’une bougie qui éclaire le visage de l’enfant. Cette troisième personne nous représente, nous les témoins de Noël, et nous implique alors dans le mystère. Le témoin, le croyant est celui qui permet à la lumière du Christ de briller, il est en quelque sorte le gardien de cette lumière, de cette paix, de cette justice.

Etty Hillesum est une jeune juive néerlandaise qui a connu les ténè-bres des camps de concentration. Dans son journal, en été 1942, elle écrit :
« Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire: ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider – et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il nous est possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres. (…) Il m’apparaît de plus en plus clairement à chaque pulsation de mon cœur que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous. »

Permettre à Dieu de faire sa demeure en nous, prendre soin de cette étincelle divine si fragile et lui permettre de rayonner sur d’autres, voilà un beau programme pour ce Noël… et pour toute notre vie tant personnelle que communautaire !

Michel Cornuz
Autor
Céline Hauck

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